http://plankton.co.jp/lespommes
On n'est pas venus là pour se faire engueuler !
Tout commence le mardi 30
octobre par 15 heures de voyage avec 2 heures d'escale à Moscou... Rien vu
d'autre qu'un aéroport austère et des gens portant tout la souffrance du monde
sur leur visage...
Bref, toujours rien de neuf à l'Est, à priori.
Nous arrivons au "Pays du Soleil Levant" complètement en
vrac où nous sommes très chaleureusement reçus par Kazu, un type terriblement
accueillant, sorte d'attaché de presse, qui nous accompagnera durant tout le
séjour...
Nous nous installons dans un hôtel luxueux
dans le quartier de Kinza, les Champs-Élysées de Tokyo... C'est là qu'a lieu le
festival, sur différents sites du secteur de Kinza : dans les magasins des
grandes enseignes (Nissan, Cartier, Vuitton... ), dans des salles de
spectacles... ou encore sur le toit d'un building en plein air, le tout dans des
conditions exceptionnelles. Une organisation remarquable avec un soucis du
détail et du "bien fait" comme on n'y est pas habitués chez nous...( j'y
reviendrai ).
Une journée
pour s'installer, décrasser les cochons, tester la bouffe, prendre connaissance
du programme, et rencontrer les régisseurs ; d'amblée on sait que ça ne ne sera
pas touristique...
Leur accueil des plus chaleureux, leur sourire et leur
façon de bosser nous séduit de suite.
On retrouve Miss Kei Nomoto qui est à
l'origine de notre venue au Japon.
Elle est N°2 de la maison de disque
"Plankton" et vient parfois en Europe pour faire "son marché"... Kei était venue
nous voir l'année dernière lors d'un concert pour la Fête de la Musique à
Troyes. Cette charmante jeune femme d'une grande sympathie a fait un boulot
hallucinant pour préparer notre promo. L'entente avec nos deux "employeurs"
japonais est parfaite.
C'est la journée interviews.
Nous rentrons dans le vif du sujet dés le
mercredi matin. Rendez vous dans le hall à 9h00. L'heure c'est l'heure ! Chaque
minute compte.....
C'est toute la précision "Seïko Casio"... ( les suisses, à
côté, sont des branleurs !!! )
Départ pour
leurs bureaux situés dans un autre quartier ; nous prenons le métro japonais. À
l'arrivée nos hôtes nous installent dans un studio d'enregistrement : petits
fours, gâteaux, friandises, thé, café, ...
Quatre journalistes vont se
succéder.
Présentation de Shoeï, notre interprète, le même que Charles
Aznavour. Un type génial, culture impressionnante sur la chanson française et
avec un humour qui va bien... En un mot : un mec délicieux. Les deux Lolos se
collent aux interviews mais parfois les collègues interviennent aussi car il ne
faut rien oublier !
17h, c'est la fin des hostilités. Une bonne journée bien
remplie. Nous avons cependant bien ri... Nous sautons dans le taxi pour
rejoindre une salle de spectale où la contrebasse louée là-bas nous attend pour
une répètition. Fin de la journée... Nous prenons les rendez-vous pour le
lendemain matin. La journée s'annonce rude et chargée... jusqu'à 3 concerts dans
la journée.
Départ de l'hôtel, 9h30 pour la
balance.
Direction le site ou nous ferons le deuxième
concert de la journée...
Oulaaah ! Nous arrivons sur le toit du
building.
Tout est
impeccablement installé et rien n'a été oublié. On nous apporte un café sur
scène, des techniciens tout sourire s'affairent. On nous communique que nous
disposons une demi-heure pour faire le son... On panique un peu mais en 20
minutes c'est torché, avec un son terrible. Nickel ! Nous sommes totalement
bluffés !!! Nous laissons le matos qui doit suivre à la galerie "Nissan", lieu
du premier concert a quelques centaines de mètres de là... À l'arrivée, une
petite sono nous attend et tout est déjà en place... Ils sont fous ces japonais
. Trop forts !
On se retrouve dans la grande avenue de Tokyo
pour une journée culturelle, les rues ont été interdites à la circulation et
c'est bientôt la marée humaine. On a une heure devant nous... on sort prendre
l'air. On découvre nos "tronches" sur des écrans publicitaires
géants.
Géantissime ! Ils ne se fichent pas de nos Pommes ces japonais !
Premier concert de cette journée ; il
est 12h30.
Un grand hall où la dernière Nissan est en
expo et une horde d'hôtesse au garde à vous. En cinq minutes 150 à 200 nippons
s'agglutinent ; nous attaquons alors. Terrible ce moment !!! Ça marche très fort
! Nous jouons une heure devant un public visiblement conquis...
On file
bouffer rapidos... On ne touche à rien, et on se rend ensuite sur le toit du
building pour le deuxième concert de la journée. Un concert vient juste de se
terminer et nous croisons la foule.
![[SSA50449a.jpg]](photo_tokyo2/v_SSA50449a.jpg)
Tiens, il y
a un plateau de TV, des caméras et tout le toutim...
Nous soufflons en loges
où Melle Kei nous explique que ce concert là sera retransmis sur "NHK" en direct
(1ère TV nationale japonaise) et que nous y serons même interviewés.
Ce concert c'est pour
demain...
Aujourd'hui, les techniciens en profitent pour répèter et affiner.
Wouaaah !!! La pression monte et il n'est pas question de se rater.
Kei
semble vraiment croire en nous mais il faut dire qu'elle s'est "décarcassée".
Nous sommes le seul groupe du festival à avoir droit à la TV... Honneurs et...
Cocorico Les Pommes de mad' !
![les Pommes de mad' à Tokyo[0097a]](photo_tokyo2/v_loges0097a.jpg)
Nous
attaquons dans le dur, il y a plus de 300 personnes qui nous accueillent
formidablement et très chaleureusement. Ca joue bien, tout le monde s'éclate,
notre musique leurs plait... C'est génial !
Fin du concert, c'est la pause
"cibiche-bibine"...
On vient nous chercher en loges car il faut illico aller
dédicacer les disques.
La vente est
moyenne mais c'est plus un échange avec les passionnés et autres fans. Le
lendemain Kei revient avec le sourire nous annoncer qu'hier nous avons fait la
meilleure vente Jazz du plus grand magasin de disque de la capitale
nippone.
C'est tout simplement super !
Sur ce, Kei
nous annonce que maintenant, s'il nous reste un peu de jus et que si le coeur
nous dit, il y a un club à l'autre bout de la ville tenu par un fan de Django
Reinhardt. Tchavolo, Mandino & Co. ont déjà sévi en ce haut lieu du Jazz
Mâanouche à l'enseigne de la célèbre guitare jazz "Selmer".
Mademoiselle Kei
a fait passer l'info à quelques aficionados que peut-être...
qu'éventuellement... Allez hop ! On est chauds, on y fonce malgré la fatigue.
Y'a pas à se tripoter pendant 2 plombes, des moments comme ça se vivent
debout... Et nous voilà partis rejouer...
C'est après
une heure de route que nous arrivons au Club le "Blue Drag". Ce lieu mythique
est situé au 2éme étage. Branché le tôlier ! Une vingtaine de personnes averties
nous attendent dans un minuscule endroit (~40m²): une petite scène avec 4
chaises et une contrebasse... Visiblement nous sommes attendus. Superbe
accueil.
Sans attendre on nous sert à boire et à manger. Pfff, encore boire
!?
Nous
sommes reçus comme des princes. Même crevés nous avons encore envie de partager
un peu de musique avec ces spécialistes et fans qui nous attendent au tournant.
Le dernier à avoir représenté la France ici est un
certain Tchavolo... Eh ! Il y a notre interprète de la veille, notre désormais
grand ami Shoeï. Génial ce nippon ! Il est très excité, sûrement un peu
'bourré'... mais hélas, ça ne s'arrangera pas au cours de la soirée... Et c'est
très bien ainsi !
Allez les copains on attaque dans le
vif, on envoie l'bois ! Une fois de plus l'ambiance est terrible.
Et
puis....., nous jouons encore une bonne heure et on demande alors s'il y a des
amis musiciens dans la salle qui voudraient partager 2 ou 3 standards de Django.
Ca marche illico..., on fait le boeuf. Et toujours une superbe ambiance !
Vers la fin du set, un 'Tajima Tadashi' vient
jouer de la "flûte japonnaise" (Shakuhachi), cette flûte qui servait dans la
musique des Samouraïs. C'était la flûte qui servait pour la musique des
samouraïs... démerde toi avec ça !!!
Un fin flûtiste fou furieux... Pfouh !
Premier morceau qu'il envoie, "Sommertime"... et là, y'a pas de quoi rire ! Il
joue grave ce con et dans un genre inhabituel pour cet instrument. Nous sommes
tous sur le cul ! David osera partager un morceau avec lui au dépliant et Dom
également...
Bon, il est peut-être temps d'aller nous coucher. Nous sommes
bien crevés mais comblés (Shoeï aussi). Vraiment hyper sympas ces Japs ! Et
puis..., grosse complicité sur scène..., on a du succés... on est un peu fier
d'avoir séduit une fois de plus l'auditoire. On aime partager en toute
simplicité notre musique avec le public, toujours dans la joie et la bonne
humeur, celle de la vie qui respire sur scène et qui caractérise bien notre
groupe !
Samedi 10h30, RdV dans le hall de l'hôtel.
Concert prévu vers 13h dans une petite salle
de spectacle.
Comme d'hab', on arrive et tout est déjà
prêt, même le fer à repasser qu'on avait brièvement abordé la veille. Les
fameuses courbettes japonnaises a chaque fois qu'on croise quelqu'un, des
sourires à chaque regard. Ca semble naturel, ça détend.
Réglages, balance
comme la veille. Ce sont vraiment des pros qui entendent juste et bien... Ils ne
font pas que fabriquer le matériel !
Encore un bon concert où nous sommes
très bien accueilli. Là, on a même droit a un rappel, ce qui n'est pas une
coutume au Japon.
En route pour le dernier concert, le grand
concert qui aura lieu comme la veille sur le toit du building au milieu de cette
grande avenue de Tokyo.
On s'installe dans les loges où on est sollicité par
les gens de la TV nationale. On nous explique comment ca va se passer, et on
fait de suite une répèt' sur le plateau. L'ambiance est excellente. Je crois
qu'on plaît beaucoup à tout le monde, ne serait-ce qu'humainement. L'interprète
qui est là aujourd'hui pour traduire nos réponses à l'écran nous quittera fort
chaleureusement à notre départ...
"Je pense qu'on vous reverra. Vous êtes
vraiment sympas pour des français....." nous dit-il. (à méditer!)
Key, qui
bosse 20h par jour, nous a encore obtenu une petite faveur de dernière minute :
"Si vous voulez, ce soir à la soirée de clôture du festival où il y aura tout
le monde, acteurs, organisateurs, TV, artistes ... bref, tout le beau monde du
festival, vous pourrez alors jouer deux morceaux".
Bon, un peu compliqué comme exercice de jouer
devant des musiciens de jazz très pointus, mais merde on sent bien que c'est une
faveur et qu'il faut encore mettre nos glawouis sur le billaud. Ok Key
!
"The Apples, you are the best !".
Concernant ce concert, la
pression monte un peu et la fatigue se fait sentir. On grimpe sur scène... Le
toit du building est totalement rempli.
Et c'est reparti pour 1h30 de
musique.
Ça marche terrible ! Perso, je m'écroule un peu sur la grand'mère.
Ça ne sera pas le concert de ma vie... mais ce concert est vraiment un
excellent concert.
A la fin on vend beaucoup de disques ; beaucoup de
dédicaces à suivre. Vraiment, la vie est belle. On vient nous chercher à la
sortie de scène et on nous fraye un passage jusqu'au plateau TV situé en face de
la scène. Dans un cordon de sécurité, nous passons comme des stars, accompagnés
de sourires et de compliments... Ça nous fait chaud au coeur ! On fait notre
petit interview sans oublier de sourire à la charmante présentatrice..... Tout
se déroule super bien.
Juste le temps de dédicacer les CD, de faire
l'interview (5mn) et d'échanger quelques mots avec ceux qui le désirent...
P'tain, ils ont déjà tout démonté ! Il ne reste debout que notre barnum-loges.
Ils sont fous !
En clair, sitôt le concert terminé, tu ne sais pas d'où ils
sortent, mais ça se met à grouiller et en un rien de temps tout est démonté,
plié, rangé... et tout ça avec le sourire.
Il y a vraiment un truc qui nous plait ici ! Nous sommes unanimes.
Bon, il faut encore se grouiller pour la réception. On arrive un
peu à la bourre pendant les discours. A peine le temps d'avaler une coupe de
Veuve Cliquot que l'on vient nous chercher.
Je n'le crois pas, ma contrebasse
est installée, le pic au 3ème cran comme je le mets, l'ampli réglé, les retours
disposés, etc...
On nous appelle, on s'installe sous les
applaudissements. En 30 secondes le mec contrôle que chaque instrument sort dans
la sono et dans les retours... et c'est parti ! On a opté pour ne pas se
déballonner et jouer sans complexes, ce qui nous distinguera le plus des
autres... On attaque avec "l'Âme des poètes", suivi de "Le Soleil et la Lune" et
on finit avec "Tickle Toe". Fort bien réussi. Nous recevons plein de
compliments, y compris de notre chanteuse de jazz nationale, Anne Ducros, qui
couvre le Festival comme nous (Prix Billie Holiday de l’Académie du Jazz en
2001, Django D'Or en 2002, Victoire De La Musique en 2002 et en 2003. Elle a,
semble-t-il, adoré. On a parfois bu un verre avec elle à l'hôtel. Un peu diva
Anne mais très sympathique et avec une voix...!
Il s'est vraiment passé un truc avec ces gens et en très peu de
temps.
Voilà, on boit 3 ou 4 canons, on rentre à l'hôtel...
on reboit 3 ou 4 canons, on scelle notre amitié avec Key et Kazu, des gens
vraiment extra... on reboit 3 ou 4 canons.....
En fait, on était là-bas pour
défendre notre premier album... Key ne crois pas pouvoir vendre le 2eme
là-bas... En revanche elle a déjà acheté la licence du 3ème qui sortira là-bas
en Mars 2007...
Le lendemain nous sommes partis, accompagnés
de Kazu qui est resté avec nous jusqu'au bout. Important quand on sait que
c'était Dimanche et son seul jour de congés...
On était pas loin de la petite
larme. Je crois qu'on a de nouveau amis... et je crois que ça dépasse le simple
business... Ça c'est la plus grande richesse qu'on ait ramené du Pays du Soleil
Levant !!!
Nous avons vraiment aimé et apprécié leur accueil, leur
hospitalité et leur professionnalisme... C'est un beau peuple
!
Merci à Lolo Delavo & Consorts pour ce carnet de voyage
nippon - 13.11.2006